Banana Fish ≫ Banana fish tome 01

Banana fish tome 01

Banana fish tome 01

Banana fish tome 01

Sold out
  • Safe payment options: iDEAL, Bancontact, Maestro, Visa/Mastercard and more
  • Multilingual helpdesk
  • Shipping options: DPD, PostNL, DHL or UPS
  • 100% licensed products
  • Trustworthy: active since 1999
Other items in Banana fish manga FR
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15
Description

- Une nuit au Vietnam, un mec de mon unité a complètement disjoncté. Il a chopé un M16 et il a tué trois de mes hommes.
- Il était shooté?
- Je crois, ouais. Ils l'ont emmené dans un hôpital à Saïgon mais on a perdu sa trace. La dernière chose qu'il m'ait dite avant de disparaître, c'est..."banana fish".
- Intéressant mais...si quelqu'un ou une organisation de ce nom existe, on aurait dû en entendre parler depuis le temps, non?

Product details
Adult Maybe
Department books / TPB-Manga
Publisher Marvel Panini France
Series Banana Fish
Shop Manga & Anime
Primary language French
Product Code GCO-BFIT0001
Customer reviews
Write a customer review

"chef d'oeuvre" by shun (Belgique) on Mar 16, 2004

Vous aimez le jaune ? Non ? Partez pas, partez pas, c'est pas bien grave. Après tout, l'emballage ne fait pas tout. Ben oui, vous mangez bien des escargots. Non ? Non mais vous barrez pas, je vais trouver un exemple universel, vous allez voir !
Je ne pense pas, en fait. Pas grave. Donc recommençons : à tous ceux qui ont envie de découvrir un thriller haletant, rempli de personnages charismatiques et bourré d'humour, lisez ce qui suis. Les autres, vous n'avez aucun goût. Mécréants.

Ceux qui suivent un peu l'actualité le savent : « Banana Fish » ne se vend pas bien. Conséquence, Génération Comics suspend temporairement le titre. L'occasion rêvée pour vous, veinards que vous êtes, de faire progressivement cette collection, jusqu'à la parution du volume suivant, dans quelques mois.

Pour commencer, revenons sur les raisons d'un insuccès. Sans connaître le milieu de l'édition, on peut dire que le premier problème est entièrement de la faute de l'éditeur francophone. Pour donner une identité au titre, ils ont choisi de l'éditer sur du papier jaune, alors que la version originale, elle, est imprimée sur du papier blanc. Beaucoup s'arrêtent à ces considérations bassement esthétiques et c'est bien dommage. D'un autre côté, cela n'explique pas tout, l'édition américaine, elle imprimée sur du papier classique, ayant fait un bide et ayant, semblerait-il, été stoppée par Viz. Rendons à César ce qui appartient à César, et précisons tout de même qu'Akimi Yoshida, autrice de « Banana Fish » avait beaucoup apprécié l'idée de ce papier jaune.
Deuxième point noir, la jaquette. Plutôt austère, avec un résumé sous forme de dialogue en quatrième de couverture pas forcément très attrayant, elle aura plutôt tendance à rebuter l'acheteur plutôt que de l'attirer vers le titre. Par contre, sur ce point, rien à reprocher à GC, la jaquette étant conforme à l'originale, même si le jaune utilisé est très flashy alors que sur la version japonaise, celui-ci tire plutôt vers l'orange. Ensuite, le premier volume, même si il est plutôt bon, ne reflète pas vraiment la qualité de la série, celui-ci accumulant pas mal d'invraisemblances et de maladresses scénaristiques. Et pour finir, ajoutons que de manière bizarre, « Banana Fish » se traîne la réputation d'être un yaoi, ce qu'il n'est absolument pas (j'y reviendrai).

Comme vous pouvez le voir, le pauvre « Banana Fish » partait dès le départ avec pas mal de handicaps face à des adversaires aux packagings plus intéressants.
Pourtant, « Banana Fish » se révèle, à la lecture, être une véritable bombe, un plaisir soutenu qui n'a rien à envier aux meilleurs shôjos actuels.

Préparons les scalpels, et partons découvrir ce que la bête a dans le ventre.


Le poisson à travers les âges

Pour qui pratique la dissection d¿un poisson banane, il est important de savoir que celui-ci se compose de 19 volumes, parus de 1986 à 1994. Tous signés de la main d'Akimi Yoshida, une talentueuse autrice connue entres autres pour les mangas California Monogatari ou encore Yasha, qui furent de gros succès au pays du soleil levant.
La madame est expérimentée, et cela se voit...

Pour résumer rapidement la trame principale, on dira simplement que « Banana Fish » narre l'histoire d'Ash, un gamin des rues, chef de gang, qui a la particularité d'être un génie doublé d'un beau gosse. Celui-ci est à la recherche de ce qui a rendu un homme, Griffin, fou, pendant la guerre du Vietnam, et ces interrogations vont le mener loin, très loin. En fouinant là où des secrets capitaux se terraient, le jeune Ash Lynx va déclencher une véritable guerre, qui le poussera à de grands sacrifices. Qu'est ce que «Banana Fish, » les mots que répète sans cesse Griffin Callenreese, un homme qu'Ash soigne secrètement à l'insu de la mafia corse ?



L'habitat naturel du poisson banane

L'histoire de « Banana Fish » se déroule dans son intégralité aux Etats-Unis, l'intrigue démarrant dans les bas-fonds new-yorkais. On retrouve ici une Amérique de films de gangsters, purement fantasmée, et propice à des délires de gigantisme. Tout est ici démesuré, tant les actions de chaque protagoniste, que la représentation d'une New-York excessivement sale et mal famée. Les inspecteurs de police agissent comme dans les films, il y a le flic au grand coeur et le salaud corrompu, qui sirotent leur café dégueulasse en sortant des répliques anthologiques et souvent grand-guignolesques. Dépaysement assuré.
Les Etats-Unis sont aussi un prétexte pour l'auteur pour faire intervenir dans l'histoire différentes minorités ethniques. Ainsi, on verra défiler des chinois, des afro-américains ou encore des corses. Véritable grenier à idée, ce foisonnement de cultures est propice à de nombreux rebondissements et permet d'intégrer facilement à l'histoire les notions de loyauté et de trahison, en raison des nombreux clans que peut former cette diversité.
Pour résumer, disons qu'Akimi Yoshida exploite à fond les différentes spécificités des Etats-Unis, ceux-ci ajoutant beaucoup de profondeur à son histoire. Sans être un énorme cliché, l'Amérique qui nous est présentée en accumule beaucoup de petits, pour le plus grand plaisir du lecteur, qui se délectera à dénicher les invraisemblances.
Yoshida s'amuse à démystifier le rêve américain, en perdant dans ce grand pays deuxreporters japonais, Eiji et Ibe, venus réaliser un reportage photo sur les gangs new-yorkais et qui vont se retrouver impliqués dans une affaire de sécurité internationale. Les personnages japonais sont surtout un moyen d'apporter une sorte d'identification au lecteur nippon et de s'amuser de la perception qu'ont les occidentaux des japonais. C'est d'ailleurs une des principales sources d'humour des premiers tomes de la série.



Le lynx, prédateur du poisson banane

Point de manga sans héros (ou héroïne). Et pour la peine, Ash, dit le lynx, est certainement l'un des personnages les plus marquants de la planète manga. D¿une intelligence diabolique (on apprendra qu'il a plus de 200 de QI), il règne avec classe sur un des gangs les plus influents de New-York. C'est un chef fédérateur (son gang est multiracial, ce qui est rare), juste et pas cruel pour un sou. Il sait cependant se montrer impitoyable envers ses ennemis. Jusque là, rien d'extraordinaire.
Mais là où Ash explose réellement de charisme, c'est quand on apprend à vraiment le connaître. Tout d'abord, il a une conscience aiguë de ses propres qualités : il est beau gosse et en est conscient, passe pour un gamin inoffensif et il en profite. Cela le rend par moments assez fascinant. Et puis, sous la carapace de dur se cache un être sensible, qui tient à ses amis plus qu'à sa propre vie, car ils sont le ciment qui permet à son existence de tenir sans s'écrouler. Ayant subi les pires sévices pendant son enfance, il est constamment aux aguets, sortant les griffes dès que l'on tente de l'approcher, d¿où son surnom. Connaissant l'obscénité et la noirceur d'âme de certains, il a appris à bien différencier ses amis de ses ennemis et à ne jamais faire de demi-mesure lorsqu'il traite avec ces derniers.
Ash tient sur ses épaules la quasi totalité du manga, une grande partie de l'intérêt de celui-ci résidant dans la capacité du lecteur à s'attacher, ou non, au personnage principal. On rit, pleure et frissonne avec lui, jusqu'à presque faire corps avec lui. Une grande prouesse scénaristique.
Et puis Yoshida a su éviter l'écueil du personnage trop sûr de lui, pour lequel l'introspection est un barbarisme. Ash a ses moments de doute, ses moments de détresse, il a besoin de l'épaule de quelqu'un pour le réconforter lorsqu'il est frappé de plein fouet par la cruauté de l'existence.

Un seul filet ne suffit pas, pour attraper le poisson banane

Comme dit précédemment, le personnage d'Ash, tout charismatique et génial qu'il soit, dépend profondément de son entourage immédiat. Logistiquement d'abord, car ceux-ci lui sont d'une aide précieuse dans l'accomplissement de sa quête. Mais surtout émotionnellement, car ils lui apportent la tendresse nécessaire qu'il n'a pas eu la chance d'avoir eu pendant son enfance.
Le premier à percer la carapace de froideur d'Ash est Eiji, un jeune sportif japonais, reconverti au métier d'assistant photographe. Mélange de candeur et d¿innocence, il va tout de suite inspirer confiance au Lynx, qui va rentrer ses griffes comme il ne l'avait jamais fait avant. Si leur relation n'est peut être pas la plus intéressante, c'est celle qui est traitée de manière centrale par la mangaka.
Il y a aussi Ibe Shunichiro, mentor et ami d'Eiji qui va, en suivant le mouvement imposé par ce dernier, développer une amitié solide avec Ash.
Max Lobo, journaliste free-lance, ancien compagnon d'armes Griffin, le soldat rendu fou pendant la guerre du Vietnam, est celui qui va développer la relation la plus intéressante avec Ash. Leurs rapports tendus vont laisser peu à peu transparaître une franche amitié, voire même quelque chose de plus profond encore (et non, ce n'est pas ce que vous croyez).
Il existe encore beaucoup de personnages secondaires, qui croiseront plus ou moins fréquemment la route d¿Ash. Citons Shorter Wong, un chef de bande chinois et grand ami d'Ash, ou encore Charlie, un flic au grand coeur.




Le poisson, c'est bon

Tout ça c'est bien beau, mais je n¿ai pas encore parlé de ce qui fait de Banana Fish une oeuvre si attachante.
Tout d'abord, le scénario : haletant, il est aidé dans sa tâche par un découpage sobre, mais très professionnel, qui donne à l'intrigue le rythme nécessaire pour s'imposer au lecteur. Les rebondissements sont nombreux, tantôt à couper le souffle, tantôt poignants. Yoshida alterne avec talent, à la manière de Naoki Urasawa dans Monster, les scènes d'action et les scènes plus calmes, durant lesquelles les personnages se dévoilent un peu plus, en tissant des liens entre eux. Le dosage est excellent, car on a jamais de sensations de surenchère, on passe d'une scène à une autre avec un plaisir patent. On retiendra même certains passages cultes, comme par exemple le volume 11 (ceux qui l'ont lu savent de quoi je parle). C'est assez rare pour être souligné.
Et puis il y a l'humour. Déjà, comme c'est un shôjo, on peut éloigner le spectre de l'humour scatologique et les petites culottes (tout le monde sait que les demoiselles sont plus raffinées que les mâââââles). Yoshida joue sur la personnalité de ses personnages et s'amuse de leurs oppositions. Ainsi, Ash est en conflit constant avec Ibe et Max, qui sont 10 ans plus âgés que lui, et ne se prive jamais de le leur rappeler. C'est vraiment très drôle, et Yoshida sait parfaitement quand détendre l'atmosphère, et quand il faut rester sérieux. Et puis il y a le coté très empoté d'Eiji, qui est également source de comique. Yoshida n'oublie pas non plus le comique de situation, avec de grands moments de débilité comme par exemple, le tome 11. On se surprendra à sourire, voire même à éclater de rire (ça a été mon cas pour le tome 11). Pour une histoire qui se veut plutôt sérieuse , c'est un sacré plus.
Les dessins, quant à eux, même s'ils sont un peu (trop) minimalistes, remplissent correctement leur boulot. On a pas trop de mal à distinguer les différents protagonistes, et les trames sont plutôt réussies. Sans être l¿élément le plus agréable du manga, le dessin reste cependant suffisamment discret pour qu'il ne gène pas la lecture.


Le poisson aime-t-il les bananes ?
Comme je l'ai dit plus haut, « Banana Fish » se traîne la réputation d'être un yaoi.
D'abord, un petit rappel, pour ceux d¿entre vous qui ignorent ce qu'est un yaoi. C'est un manga, généralement dessiné par une femme pour des femmes, qui présente une relation homosexuelle masculine de manière plus ou moins explicite. Généralement, cette relation se résume à une relation entre un personnage fort et un autre plus faible (avec un développement assez souvent repris du thème de la fascination), et l'amour est idéalisé de la même manière que l'homme. Vous pourrez d'ailleurs découvrir, bientôt, chez Tonkam, les titres « Fake » et « Kizuna », qui sont des yaoi.

Alors, « Banana Fish », un yaoi ? Que nenni !

En fait, sa réputation lui vient d'un tome 1 où un grand nombres de personnages masculins s'avèrent être gays. Un ambiguïté plane d'ailleurs sur la préférence sexuelle du héros. Mais finalement, en poursuivant la lecture on se rend compte que l'orientation sexuelle de certains personnages n'est pas gratuite, car elle sert au développement de l'histoire (notamment les gros bonnets du gouvernement américain qui sont pédophiles, etc...) et que de toute manière, elle montre une certaine réalité de notre monde. Et puis, Yoshida s'amuse aussi du côté coincé des japonais par rapport à cette notion d'homosexualité, et c'est plutôt amusant.

Et bien voilà, il est tant de conclure. Comme vous l'avez sans doute lu dans tout ce que je vous ai raconté, « Banana Fish » n'est pas un manga qui nous fait réfléchir à des considérations métaphysiques. C'est avant tout un manga fun, qui a ses morceaux de bravoure. Mais surtout, il agit sur nous, nous fait changer d'expression et c'est bien là le principal. « Banana Fish » nous rappelle qu'il est bon d'éprouver des émotions, et rien que pour cela, c'est une oeuvre à découvrir, probablement l'un des 3 shôjos les plus enthousiasmants du moment.
Allez, refermons les entrailles du poisson, je m'y suis assez plongé. A votre tour, maintenant.